vendredi 30 novembre 2012

HAMHDAD (51)





Ce malade est d'origine Nord-Africaine, pouvant être âgé de 37 à 40 ans. Il est de petite taille, porte un collier de barbe et son regard est tantôt interrogateur, tantôt amusé.

Il n'a et ne recherche pas de contact avec les autres malades, à part quelques uns de ses coreligionnaires, avec qui il entame de longues discussions dans sa langue d'origine et pourtant il cause bien le Français.
Chaque jour, il ne manque pas de faire sa prière dans les lavabos et ne s'occupe pas des autres malades qui le regardent et même parfois se moquent de lui quand il se prosterne.
Il s'occupe au vestiaire mais en ce moment ne s'alimente que le soir car pour lui c'est le Carême.      
      
24 mars 1962

Source image : Virginie Rooses 

 

4 commentaires:

  1. Je suis étonnée de cette publication qui me semble dévoiler des noms et des faits couverts par le secret médical et le secret de la vie privée et que le décès des patients n'autorise ni le soignant, ni ses ayants-droit,à lever.
    Qu'en est-il ?

    RépondreSupprimer
  2. LadyApolline : C'est étrange de lire ça sous l'angle de la justice.
    Il y a au contraire à y voir du vivant, du souvenir.

    (Je réponds pour @RobertB puisque forcément…).

    RépondreSupprimer
  3. Je suis frappé par l'importance des remarques sur les "travaux" des patients (linge, vestiaire, ménage etc) comme marqueurs de leur état au même titre que leurs rapports aux autres par exemple. En tiraient-ils un pécule ? Plus tard, l'ergothérapie et l'art-thérapie se sont démocratisées... jusqu'à ce que les crédits manquent. On va peut-être revenir au système d'antan ?

    RépondreSupprimer
  4. Paf Le Lapin : jusqu'au milieu des années 60, et donc à l'époque où j'arrive à Lommelet, l'hôpital est tenu par les frères. Les malades qui le peuvent participent au fonctionnement économique de l'établissement. Ils sont classés en 3 catégories à leur arrivée puis selon leur évolution :
    travailleur, agité ou gâteux.
    Il s'agit bien de les considérer comme "utiles" au service ou non.
    Il existe aussi à l'époque un pavillon destiné aux pensionnaires qui ont les moyens de s'offrir financièrement un confort supplémentaire.

    RépondreSupprimer

Le texte est issu des carnets de Robert B. infirmier psychiatrique en 1962. Il est décédé en mai 2000.