dimanche 2 décembre 2012

MERIC CLAUDE (79)






Ce malade a continuellement un visage comme ébahi, avec un regard semblant regarder plus loin que nous quand il nous regarde.
Sans langage n'est qu'un balbutiement et ses phrases commencent souvent par «il faut» ou «on m'a dit qu'il fallait» ou encore «je ne peux pas car on m'a interdit de faire ça».
Parfois s'approche de nous et tend la main pour nous gifler et il déclare qu'on lui a dit qu'il devait le faire ou parfois veut déshabiller un autre malade pour la même raison.
Le matin, il fait son lit et pour le faire, il s'amuse à plier ses draps et couvertures en tout petits plis avant de les étendre sur son lit.
Il marche avec les mains jointes sur le devant de la poitrine et la tête légèrement en avant, trainant les pieds.
Ce malade devrait certainement se trouver à Saint-Michel avant car dès que la porte est ouverte, il s'en va dans ce quartier.
Il aide à de menus travaux dans le service tel que la vaisselle mais il provoque souvent de petits accrochages avec les autres malades car quand il a compris d'avoir une telle serviette pour essuyer la vaisselle, il tire dessus jusqu'à ce que l'autre malade l'ai lâchée s'il le veut.
Il a de petites manières telles que ne pas vouloir se laisser faire sa piqûre par le stagiaire mais par un des infirmiers du service. Sur ce point, il n'y a rien à faire pour le faire changer d'idée.
Parfois, il se prend les doigts d'une main avec l'autre et se gratte les ongles pour ensuite changer de main et recommencer la même chose.                       
3 et 4 novembre 1962

Source image : Quality Students 

 

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Le texte est issu des carnets de Robert B. infirmier psychiatrique en 1962. Il est décédé en mai 2000.